Résine & Plexi

Sculpteure majeure (en lettres majuscules)

Pourquoi est-ce qu’on se donnerait des limites ? Si on a envie de rencontrer des artistes connus et reconnus, on le fait et puis c’est tout ! Si on a envie d’envoyer un email à Chantal Carrel, fée de la matière, alchimiste du réel, pour lui demander une visite privée de son exposition en plein décrochage à la Maison Visinand de Montreux, on le fait. Qu’est-ce qu’on risque ? Qu’elle nous dise non ? Qu’elle ne nous réponde pas ? On risque aussi de passer un moment privilégié avec une femme étonnante et extrêmement talentueuse. On risque une rencontre enrichissante et unique. On risque un voyage dans le coeur de son oeuvre et de son processus de création. On risque. Alors, on l’envoie cet email ?

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Chantal Carrel a développé un amour du plexiglas de la résine depuis son diplôme aux Beaux-Arts. Ces matières, elle a appris à les connaître avec le temps, à les respecter, appréhender leur force, leur résistance, leur souplesse, leurs contraintes jusqu’à leur structure moléculaire. Elle a toujours aimé bricoler (une notion qui échappe complètement à la Josette qui n’a de manuel que le talentueux carrossier). La pratique artistique lui permet d’allier le concret d’une approche manuelle avec une perception plus intellectuelle du monde, en donnant sens à ses créations. Unicités dans la multitude, nous découvrons des boules qui semblent faites d’ambre, prêtes à révéler de curieux secrets (comme l’ADN d’un moustique du Jurassique, par exemple, au pif, juste comme ça). Cinquante sphères, toutes uniques, toutes différentes, certaines plus opaques que d’autres, qui ont vu le jour au hasard d’une récolte de moules en verre, sur des dizaines d’années. Une nuée, une galaxie ambrée.

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Explosion de matière, la résine coulée dans un globe de verre chauffe, fume, atteint le point de non retour et foudroie son contenant éphémère, voué à mourir pour laisser naître l’oeuvre, la sphère surprenante unique qui émerge du chaos.
Avec de la résine synthétique et de la bio résine, Chantal Carrel imagine des formes puis leur donne vie par des inclusions, joue avec les mélanges alchimiques, extrait les bulles. Elle crée des séries car elle aime l’idée que chaque oeuvre est une partie d’un tout, s’échappant ainsi de la quête romantique de l’illumination vers la perfection. Et puis quoi ? Quand on l’a réalisée cette oeuvre parfaite, on fait quoi ?

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Lumière, transparences, ombres portées. Rien n’est ce qu’il semble être. Qu’est-ce qui est le plus important, la pièce, solide, prévisible ou les rayons lumineux emprisonnés dans les éclats de la résine, les jeux de couleur sur le mur, sur le plafond ? Qu’est-ce qui est voulu, qu’est-ce qui est finalement le fruit du hasard ? Un heureux hasard qui fait bien les choses et guide également les pigments au travers de la matière résineuse pour donner un résultat aléatoire fait de coulées, de bulles, de densités variables et semi maîtrisées. Les Nymphéas ou les Incandescentes, duos résine-métal aux accents de braise, chaque pièce peut s’appréhender seule ou en compagnie de ses cousines. Formes 3D qui dessinent sur les murs et se découvrent en tournant autour ou tablettes qui rappellent les antiques supports d’écriture, Chantal joue avec les perspectives et les perceptions.

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Sinon, il y a le travail de Pénélope. Celle qui assemble jour après jour ses fils, les tisse, les noue, les accouple. Elle les défait ensuite, ce qui n’est pas le cas de Chantal, elle n’est finalement qu’une Pénélope diurne, qui, à l’intérieur d’un canevas en bois, anarchise des baguettes de plexiglas pour qu’elles deviennent rangées, architecturées. Pour qu’elles portent, par leur manque d’ordre et de discipline des formes somme toute extrêmement géométriques et parfaites. La perfection viendrait du désordre ? La puissance et la solidité ne seraient que vue de l’esprit ? Fragiles Towers se dressent, créations méticuleuses, travail d’orfèvre patient, légères et transparentes, multiples de 20 qui visent les étoiles et peuvent s’abîmer dans un souffle.

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Dès aujourd’hui, si vous êtes de passage (ou habitant) à Lyon, Chantal Carrel expose avec 79 autres talents à La Lyonnaise des Beaux-Arts lors de l’événement Artistes en Liberté 2017. Sans restriction, le comité de sélection fait découvrir au public, gratuitement (c’est suffisamment rare pour être souligné) des artistes contemporains singuliers. Peinture, sculpture, photographie, céramique… jusqu’au 28 mai, il y a de quoi s’en mettre plein les mirettes !

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Et puis nous allons lancer les roulements de tambours (oui, il y en a une flopée, une crâlée, une tapée pour ne pas dire une chiée parce que c’est très vulgaire et ce n’est pas joli dans la bouche d’une JJ), parce que Chantal nous fait l’honneur d’être présente lors de la prochaine Vitrine JJ le 9 juin prochain dès 18h30 à l’Athénée 4 (vous n’avez toujours pas pris note de la date ? Shame… Shame… Shame…) et exposera 2 magnifiques oeuvres en résine & plexi. On a hâte de vous les faire découvrir !

 

Chantal Carrel
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Cet article vous a été concocté par le blog JJSphere :
les bons plans, où sortir à Genève et les voyages des blogueuses Josiane & Josette !

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