Genève à l’ère du numérique

Le Mapping Festival fait peau neuve

On pourrait dire que Genève accueille de trop nombreux festivals, à tel point qu’on ne les voit plus, qu’on ne les identifie plus, qu’on ne sait plus où donner de la tête. Néanmoins, il y a quelques manifestations qui durent et qui se bonifient avec l’âge. C’est le cas du Mapping Festival, rebaptisé cette année pour sa 13ème édition Mapping_Digital Shifts, qui élargit ses propositions, s’enrichit de nouvelles collaborations et ouvre ses portes aux novices, aux familles comme aux professionnels.

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JJ et GJ

Quand les JJ rencontrent un cinéaste au grand coeur

Est-ce qu’on vous avoue que nous étions un peu fébriles ? D’accord, ce n’est pas Michael Jackson (encore heureux, on aurait eu une de ces frousses !), mais quand même. Il y a de ces personnes qui accompagnent toute notre vie, l’air de rien, qui la rythment de rires et d’émotions, qui, en somme, font partie de la famille. Alors quand on a l’occasion de serrer la pince à cet oncle qu’on admire et qu’on chérit de loin, on est effectivement un peu fébrile. De Bernard à Monsieur Batignole, il a été coiffeur, agent de la Gestapo, ordure, sdf, pion, commissaire ou pirate. Voix de velours aux ascensions criardes, regard doux, gestes d’affection gauches, Gérard Jugnot est un grand Monsieur. Oui bon, pas très grand. Beau Monsieur ?

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Quand ta mère est mère… encore

Sortie d’un film bon pour le moral

En tant que filles de mères, parce qu’on n’a pas pu faire autrement, nous ne saurions dire si l’adage qui veut qu’au fond (bien au fond) on soit un peu des copies de nos mamans est vérifiable. On a beau vouloir faire totalement différent, radicalement mieux, antinomiquement plus réfléchi, des réflexes mimétiques venus d’on ne sait où surgissent : un éclat de rire, un regard, une expression, une façon de péter les plombs face à ses propres enfants (ça, souvent), une manière de se tenir. On n’y peut rien. Inévitable. Mais on peut relativiser et se dire que ça pourrait être pire ! La mère pourrait se comporter comme la fille dans une inversion complète des codes et de l’ordre des transmissions. Quand la fille devient la mère de sa mère, est-elle la grand-mère de son frère ? Des éléments de réponse sont disponibles dans tous les bons cinémas de votre ville, nous vous prescrivons une cure de Binoche-Cottin aux extraits de Wilson. Un traitement de 98 minutes consécutives pour détendre vos zygomatiques et vous dire que Telle mère telle fille, c’est pas la fin du monde.

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Appel à la patience

Sortie du premier long-métrage de Grand Corps Malade et Mehdi Idir

– « C’est pas joli de dévisager les handicapés ! Veux-tu regarder ailleurs ! Les pauvres… ».
Ne ris pas. Ne montre pas du doigt. On entend la vieille voix chevrotante et réprobatrice de la tante Jacqueline résonner. On a tous eu une tante Jacqueline dans notre vie quand notre regard s’est un poil trop attardé sur une jambe qui traine ou un filet de bave sur un menton. Ben oui, c’est tellement plus sain de détourner les yeux vers ses chaussures quand on croise quelqu’un de différent. Je me surprends d’ailleurs à ne plus savoir où donner du regard et à commencer à réfléchir à mon attitude alors même qu’un fauteuil roulant se devine au bout de la rue. Alors ça c’est de la spontanéité et du naturel ! Mais est-ce que regarder ce n’est pas aussi reconnaître ? Est-ce que rire c’est forcément se moquer ?
Depuis, nous avons découvert Patients. Et bien y a des Jacqueline qui doivent avoir les oreilles qui sifflent, parce que nous avons passé près de deux heures à fixer des handicapés et à rire. Oui, rire pour de vrai, sincèrement. Ouououh c’est mal !

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JJ sur la banquise

Sortie de L’Empereur, documentaire de Luc Jacquet

Dans cet espace bondé, chargé d’hormones mâles où la concurrence fait rage, il la voit. Au loin dans la foule il la reconnaît. Comme si c’était elle qui l’avait appelé quand il tourbillonnait dans les profondeurs de l’océan à la poursuite de poissons dodus. Et maintenant il est là. Il l’entend. Elle chante. Il lui répond et elle le reconnaît aussi. Ils s’approchent, se frôlent, se serrent, se ressentent.
On entendrait presque Cabrel murmurer Un samedi soir sur la Terre. Un samedi soir tout au bout de la Terre, quand deux manchots Empereur se rencontrent. Ils sont sortis de l’eau et se sont dirigés tout droit sur la banquise, loin, très loin, pour se retrouver et contribuer, à leur façon, à l’équilibre de la planète, au cycle naturel de la vie. Ainsi, sous nos yeux, va naître L’Empereur.

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